La précarité menstruelle a des conséquences physiques, mentales et sociales pour les femmes.



Pepijn Kennis, en tant que député d'Agora.Brussels, représente l'Assemblée Citoyenne Bruxelloise (ACB). Il défend les propositions et les objectifs de l'ACB tels que publiés dans la résolution citoyenne de l'Assemblée Citoyenne réactive qui s'est déroulée au printemps 2021, donnant ainsi une voix aux citoyen·nes dans le Parlement bruxellois. Le jeudi 23 février, une proposition de résolution sur "l'accès direct aux produits de protection hygiénique gratuits" a été présentée à l'Assemblée réunie de la Commission communautaire commune. Agora affirme que le contenu de cette proposition de résolution constitue une étape importante dans la lutte contre la précarité menstruelle des femmes. Cependant, l'ACB a demandé quelques amendements (ajouts) à la proposition pour que tous les aspects soient pris en compte. Examinons de plus près les problèmes liés à la pauvreté menstruelle pour ensuite expliquer les amendements et de leur importance. Agora votera "pour" la résolution proposée à condition que l'amendement n°4 de l'Assemblée Citoyenne soit adopté dans la proposition.

Précarité menstruelle


De nombreuses femmes vivent sous le seuil de pauvreté. En 2018, cela concernerait pas moins de 350 000 femmes en Belgique. Les produits menstruels coûtent très cher, ils représentent une lourde dépense mensuelle qui n'est pas toujours à la portée des femmes en situation de précarité financière. Les produits menstruels sont reconnus comme des produits de première nécessité en Belgique, mais de nombreuses femmes ne peuvent pas les payer. Cela entraîne des problèmes médicaux, sanitaires et sociaux. Comme les produits menstruels sont trop chers, certaines femmes doivent souvent chercher des moyens alternatifs. Ces derniers sont moins hygiéniques et causent des problèmes médicaux. La précarité menstruelle a également des conséquences sociales. Le fait de saigner pendant les règles sans avoir les produits sanitaires nécessaires peut être source d'embarras. Les femmes doivent parfois éviter les cours, le travail, les activités de loisirs et d'autres occasions sociales par peur de tâches de sang ou d'autres situations inconfortables.


Agora travaille à rendre les produits hygiéniques menstruels gratuits pour les femmes. C'est exactement ce que cette résolution vise à faire. Deux demandes concrètes sont adressées au gouvernement bruxellois. L'une d'elles consiste à mettre en place des projets pilotes visant à offrir gratuitement des produits hygiéniques dans toutes les écoles et universités de Bruxelles. En outre, davantage d'études devraient être menées sur l'accès direct et la fourniture gratuite de produits hygiéniques dans les lieux publics et par le gouvernement.


L'ACB estime qu'un certain nombre d'amendements devraient être ajoutés à la résolution proposée afin de renforcer ses objectifs. Par exemple, Agora insiste sur l'importance de considérer la durée des menstruations par rapport à la durée de vie d'une femme. En effet, il ne s'agit pas d'un petit inconvénient. Les femmes ont leurs règles une semaine par mois et cela pendant environ 40 ans. Il est donc essentiel pour l'ACB que ce point soit mentionné dans la proposition de résolution. Il est également nécessaire de proposer des produits durables et écologiques - en plus des produits jetables - car chaque femme a des besoins personnels. De cette manière, chacune pourra disposer du produit qui lui convient.


L'Assemblée Citoyenne indique également que cette initiative doit être menée de manière aussi précise et directe que possible. La proposition doit sortir de la phase d'étude et passer directement à l'action concrète.


Tabou


Il faut aussi garder à l'esprit qu'en plus de l'impact physiologique plus connu, les menstruations ont un fort impact sur le psychisme et la vie sociale des femmes. La reconnaissance de cette charge mentale ne peut être négligée. De plus, la menstruation reste un sujet tabou dans certains milieux, par exemple sur le lieu de travail. Pour briser ce tabou, il faut commencer par en parler.


C'est pourquoi l'ACB prévoit dans le 4ème amendement que le caractère tabou des menstruations soit mentionné explicitement. Bien que l'Assemblée Citoyenne approuve les grandes lignes de cette proposition, il est nécessaire que l'aspect discriminatoire soit explicitement cité. En effet, cette amendement spécifie que cette discrimination porte atteinte à la dignité humaine des femmes. Par exemple, elles peuvent avoir un accès plus difficile au marché du travail pour certains emplois. Agora votera donc en faveur de l'adoption de la résolution, mais uniquement si le 4e amendement est inclus dans la proposition.



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